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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 13:57

Bonjour. 

Mon principal centre d'intérêt réside dans l'exercice de mon métier, de ce métier que j'aime profondément, et que je pratique depuis plus de 30 ans.

 

On pourra trouver ci-dessous plus de détails concernant l'esprit dans lequel je travaille.

Et, plus bas, on pourra trouver d'autres précisions concernant mes consultations en thérapie de couple, et en sexologie.

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3 lieux de consultation : LIEGE-centre, CHENEE, et ROCOURT.

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Depuis 1981, consultations de psychologie, sexologie, et psychothérapie, en privé.

Psychothérapeute très consciencieux, proposant un vrai dialogue, actif et stimulant.

Contact aisé et décontracté.

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Prix modérés : 30 € pour 1h, (et 45 € si cela dure 2h).

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MON CREDO  :  Mieux communiquer, mieux maîtriser ses manifestations émotionnelles, mieux équilibrer sa vie affective, mieux réussir sa vie conjugale et sexuelle, mieux réagir face aux situations difficiles, mieux renforcer son mental (ses pensées) pour mieux contrôler ou éliminer les aspects indésirables, mieux développer ses capacités (affectives, sociales, parentales, professionnelles, scolaires), cela peut s'apprendre, cela se travaille, cela s'entraîne, cela se corrige.

Toujours essayer de s'améliorer sur les points essentiels, c'est sans doute ce que chacun a de mieux à faire... 

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Adultes, enfants, INDIVIDUEL, COUPLES, FAMILLES, et sexologie.

Dialogue-bilan (max.2h), puis, selon le cas : conseil, écoute-aide-soutien, analyse, psychothérapie, coaching.

 

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On peut me téléphoner jusque 21h, y compris le week-end. (04.365.04.27)

Les séances peuvent avoir lieu en journée et en soirée, et aussi le samedi en journée. 

 

Le premier entretien, souvent, peut durer assez longtemps, le temps de faire un premier tour d'horizon aussi sérieux que possible.

(Mais, si la personne en exprime le souhait, cette première séance peut aussi consister en une simple prise de contact introductive)   

 

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MON ENGAGEMENT : je vise un objectif d’utilité maximale de chaque entretien.

Et je ne vais pas vous faire perdre votre temps si l’utilité d’entretiens supplémentaires n’est pas ou n’est plus suffisamment évidente.

(Et cette façon de pratiquer aura aussi comme conséquence, que vous pourrez obtenir un rendez-vous assez rapidement, sans devoir attendre des semaines...)  

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Plus spécialement : thérapie de couple -- thérapie familiale -- sexologie -- problèmes de communication

Plus généralement : problèmes affectifs, comportementaux, relationnels, et sexuels :

échec, crise, conflit, blocage, peur, complexes, mal-être, déséquilibres, dépression, angoisse, dépendances et addictions, problèmes alimentaires, difficultés professionnelles.   

 

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DIPLOMES  obtenus : 

 

Licence (= Master) en Psychologie Clinique (5 ans d'études universitaires) (UCL)    

(agréé par la Commission des Psychologues).(numéro d'agrément : 531204638)

Certificat Universitaire en Sexologie Clinique (ULg)

et membre de la SSUB, Société des Sexologues Universitaires de Belgique (voir lien ci-dessous)

Agrégation de l'enseignement secondaire supérieur

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ex-assistant Université de Louvain 1983-1990 :

 

1. Prise en charge (pendant 7 ans) du Séminaire de psychopathologie de l'adulte.
2. Prise en charge (pendant 7 ans) des Travaux Pratiques de Psychologie clinique, consistant en une sensibilisation aux enjeux et aux stratégies de l’entretien clinique, et une initiation pratique, par des jeux de rôle, aux techniques et aux finesses de l’entretien psychologique.
3. Prise en charge (suppléance officielle, un an) du cours d'Introduction aux méthodes psychothérapeutiques, partie : thérapie comportementale.

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Un de mes autres centres d'intérêt : la pédagogie scolaire.

 

1990-1992 : Expérimentation bénévole pour montrer qu'il est très possible et très profitable d'apprendre la lecture dès l'âge de 3 ans, et pour montrer que les jeunes enfants en classes de maternelles peuvent avoir très envie d'apprendre à lire...
http://www.youtube.com/watch?v=xGbJ4KfAIGE&feature=plcp      

 

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On peut me téléphoner jusque 21h, y compris le week-end.

Les séances peuvent avoir lieu en journée et en soirée, et aussi le samedi en journée.

 

Contact : de préférence par téléphone.

Adresse courrier : par e-mail de préférence  easytofind98@hotmail.com

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Tél : 04.365.04.27 

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ENTRETIEN-BILAN,  THERAPIE DE COUPLE,  ET CONSEIL CONJUGAL

 

Depuis plus de trente ans, je suis à l’écoute des couples, et, autant que possible, à leur chevet…

Dialoguer avec eux, les aider à communiquer plus clairement et plus efficacement, les aider à mieux se comprendre mutuellement, à mieux s’accorder et à mieux corriger leurs erreurs, tel est mon défi.

Dans certains cas, il apparaît que les choses sont allées trop loin, et alors la thérapie de couple servira surtout à mieux gérer et digérer la séparation, à pacifier les esprits en atténuant les rancoeurs et les incompréhensions, et à mieux atténuer le choc infligé aux enfants.

Mais, avant d’en arriver là, il faut surtout éviter de verser trop facilement dans le pessimisme, le défaitisme et le fatalisme : les situations difficiles ne sont pas toujours aussi désespérées qu’elles peuvent en avoir l’air au premier abord, et, heureusement, des couples peuvent parfois rebondir alors même qu’ils n’y croyaient plus.

Fonctionner comme conseiller conjugal ou comme thérapeute de couple, c’est donc aussi s’ingénier à rendre la foi dans l’avenir, la foi dans les possibilités d’améliorer les choses.

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Ici non plus, je ne propose pas de grandes théories soi-disant originales ni des méthodes spectaculaires. Un dialogue de qualité, compréhensif (et compréhensible !!), détaillé et persévérant, est et reste l’instrument central de la psychologie, loin des modes ésotériques et farfelues.

Une description et une analyse précise et rigoureuse des situations, une clarification des idées et des enjeux, un (ré)équilibrage et une modération des attentes et des exigences de chacun, et pour y arriver, selon les cas, des explications, des plaidoyers, des argumentations, des concertations ou négociations, des encouragements, des conseils, des dédramatisations.

Voilà ce que j’essaie de mettre en œuvre pour une thérapie de couple ou, plus simplement, pour un premier entretien-bilan dans lequel, assez souvent, en deux heures, il est déjà possible de faire un tour d’horizon sérieux et utile.

 

 

MES  CONSULTATIONS  DE  SEXOLOGIE         

 

(On pourra trouver dans les articles ci-dessus davantage de précisions concernant les modalités de mes consultations, et l’esprit dans lequel je travaille)

Concernant plus particulièrement mes consultations de sexologie, elles se déroulent sur le même mode et avec les mêmes clés déjà décrites par ailleurs : accueil, dialogue, analyse, clarification, compréhension, explications, conseils, soutien.

L’épanouissement sexuel d’une personne ou d’un couple est en quelque sorte la résultante de plusieurs dimensions : l’éducation, le parcours personnel, le parcours conjugal, le tempérament sexuel, la santé physique, l’hygiène de vie, l’état psychique général, les éventuels traumatismes et blocages, l’ambiance conjugale, la dynamique du désir, l’art de l’approche, la maîtrise technique, le style sexuel, la communication affective, la connaissance et le respect de ce qui convient au partenaire.

Bref, pas uniquement le corps et la technique, mais aussi l’âme de ce qui se passe entre deux personnes. Et notamment, pour bien faire, le souci de respecter son partenaire.

Etre sexologue, c’est pouvoir aborder, en douceur et au rythme de chacun, l’ensemble de ces aspects.

 

 

Jacques Baré, psychologue, Liège

 

AUTRES  LIENS :

Commission des Psychologues  (numéro d'agrément : 531204638)

https://www.compsy.be/fr/psycholoog/4589

 

Site "lepsychologue.be" :

https://www.lepsychologue.be/annuaire/psychologues/psychologue-4000-liege-jacques-bare.php

 

SSUB  (Société des Sexologues Universitaires de Belgique) :  http://www.ssub.be/index.php?mact=CGUserDirectory,cntnt01,detail,0&cntnt01group=effectifs&cntnt01summarytemplate=ssub-dyn-effectifs&cntnt01detailtemplate=ssub-detail&cntnt01sortby=f%3Anom&cntnt01prop=web&cntnt01propval=1&cntnt01pagelimit=1000&cntnt01uid=1028&cntnt01returnid=24

 

Site  "psy.be"  :   https://www.psy.be/fr/psy/jacques-bare

 

Mes articles :

http://www.jacques-bare-psychologue-psychotherapeute-liege.com/article-separation-et-garde-alternee-des-jeunes-enfants-theories-et-mythes-propos-sur-l-education-124052700.html

 

http://www.jacques-bare-psychologue-psychotherapeute-liege.com/article-apprentissage-precoce-de-la-lecture-un-enjeu-important-112349958.html

 

http://www.jacques-bare-psychologue-psychotherapeute-liege.com/article-quelques-reflexions-sur-l-amour-et-le-bonheur-112338370.html

 

http://www.jacques-bare-psychologue-psychotherapeute-liege.com/article-photo-ou-pas-photo-revelatrice-oui-mais-de-quoi-112337008.html

 

http://www.jacques-bare-psychologue-psychotherapeute-liege.com/2012/11/education-cadeaux-jouets-anniversaires.html

 

http://www.jacques-bare-psychologue-psychotherapeute-liege.com/article-alcool-drogues-et-societe-80507239.html

 

http://www.jacques-bare-psychologue-psychotherapeute-liege.com/article-regime-alimentaire-et-discipline-78271688.html

 

http://www.jacques-bare-psychologue-psychotherapeute-liege.com/article-un-psychologue-peut-il-emettre-des-jugements-bien-sur-112336031.html

 

http://www.jacques-bare-psychologue-psychotherapeute-liege.com/article-point-de-vue-concernant-le-statut-souhaitable-du-titre-de-psychotherapeute-124712060.html

 

 

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 13:55

Quelle éducation donner aux enfants ?
Voilà bien un sujet complexe, sensible, important, souvent passionnel, et imprégné d'idéologie où s'entrechoquent les grands clivages idéologiques habituels.

 

(A partir d'une question précise, mentionnée dans le titre, cet article élargit le débat et soulève des considérations beaucoup plus générales à propos de l'éducation)

 

 

Point de départ, déclencheur de cet article :

Des articles lisibles sur yapaka.be (" La garde alternée : pas pour les tout-petits" et "La garde alternée : un principe progressif pour l'enfant") aboutissent à la conclusion, d’allure très classique et très conformiste, que « la résidence alternée pour un enfant de moins de deux ans, même indépendamment de tout conflit entre ses parents, est une solution périlleuse pour lui » et que « la garde alternée va à l’encontre des besoins de l’enfant de moins de 2 ans ».

 

Et, pour arriver à cette conclusion, les articles en question exposent une brève synthèse des idées très classiques et très conventionnelles sur les conditions qui permettraient le mieux au jeune enfant d’édifier son sentiment de sécurité et de satisfaire à son besoin de stabilité et de continuité.

 

Mais cette question est-elle aussi simple, et cette conclusion est-elle aussi évidente que ces articles veulent nous le faire croire ??

 

Et, plus généralement, les idées « assez communément admises » en psychologie, sont-elles toujours les bonnes ??  Pour ma part, je pense volontiers que les thèses psychologiques « dominantes » sont parsemées de quelques fausses évidences par rapport auxquelles il faut continuer d’exercer un regard critique.

 

En effet, de nombreux exemples attestent du fait que la psychologie telle qu’elle fonctionne dans la société, dans les interactions humaines et dans les théories officiellement retenues et mises en pratique, est moins souvent une science qu’une idéologie largement subjective et intuitive, et parfois trop facilement adoptée et répétée sans qu’une vérification sérieuse ait été opérée.

 

Face à ce conformisme trop fréquent, on doit donc souligner l’importance de maintenir une réflexion vigilante, et d’oser relativiser ou nuancer certaines idées reçues, parfois trop simples ou insuffisamment fondées.

 

Ainsi, quels sont ou quels doivent être les buts et les enjeux de l’éducation ? Pas de réponse scientifique, mais déjà ici un terrain de débats polémiques, idéologiques voire politiques.

Qu’est-ce qui est véritablement bon et souhaitable pour l’enfant, sans perdre de vue qu’il faudrait ici déjà clairement distinguer son intérêt immédiat, puis son intérêt à court, à moyen et à long terme. Donc plusieurs perspectives différentes, et les différentes réponses à y apporter peuvent éventuellement diverger grandement. Rien de simple…

 

Par exemple, en termes d’enjeux, quels sont les besoins et quelles sont les nécessités les plus importantes pour le très jeune enfant ?

Ainsi, sur base de quoi pourrait-on ou devrait-on affirmer que le besoin de stabilité est à considérer comme plus important que la nécessité d’apprendre suffisamment tôt à s’adapter à des situations diverses voire changeantes ? Rien de simple…

 

Heureusement, l’être humain est un être adaptatif, très tôt capable d’apprendre à s’adapter, et dont l’intérêt évident est de développer sans trop tarder cette capacité adaptative, car il en aura fortement besoin toute sa vie… Et, heureusement, même quand l’enfant a dû subir des conditions pas idéales, par exemple le décès prématuré de sa mère ou de son père lors des premières années de sa vie, heureusement sa vie n’est pas fichue pour autant, à condition que certaines situations viennent apporter des compensations suffisamment consistantes.

 

En effet, et plus généralement, le parcours de vie d’un être humain est un processus complexe tout au long duquel, heureusement, des rebondissements, des retournements et des réactions salutaires sont souvent possibles, processus dans lequel les épreuves subies dans l’enfance peuvent donc aussi, dans un certain nombre de cas, constituer le ferment, le germe d’une amélioration ou d’un bonheur futurs.

A quoi on peut encore ajouter l’importante question des contrastes et de leur impact sur le bonheur à l’âge adulte : parfois ou souvent, manger d’abord son pain noir fera que, plus tard, même du banal pain gris semblera délicieux, et vice-versa, manger d’abord son pain blanc pourrait avoir comme conséquence que, plus tard, le même pain gris, juste un peu trop banal et médiocre, sera ressenti comme insupportable et irrecevable…

Donc, toute la difficulté, et c’est là une véritable bouteille à encre, est de pouvoir distinguer, d’une part des épreuves parfois pénibles mais structurantes à long terme, et d’autre part des épreuves traumatisantes pour toujours… Rien de simple…

 

Et par ailleurs, parfois ou souvent, les petites ou grosses imperfections subies pendant l’enfance en raison des diverses situations vécues, ne pèseront pas encore si lourd par rapport aux turbulences plus ou moins graves (avant tout hormonales) qui vont surgir pendant l’adolescence et qui seront probablement, dans un certain nombre de cas, plus lourdement déterminantes pour la suite de la vie.

Bref, je réagis ainsi à l’égard de certains slogans un peu simplistes ou trop radicaux, et qui ont connu un succès injustifié, tels que « tout se joue avant 6 ans », etc… (Je préférerais une formulation plus nuancée, telle que : "Certains enjeux éducatifs importants peuvent déjà prendre des orientations relativement voire très déterminantes dès les premières années", ...mais évitons de tomber dans un fatalisme excessif.)

 

Et quant au besoin de stabilité dans la petite enfance, toute la difficulté est d’en définir les enjeux, les contenus et les contours. Stabilité concernant quels points précis, et jusqu’à quel point, et avec quelles modalités précises, compte tenu que l’excès nuit en tout, et que donc en tout point de l’éducation, il est raisonnable de rechercher un juste milieu entre des objectifs parfois opposés (tels que, justement, le besoin de stabilité d’une part, et la nécessité d’apprendre à s’adapter à l’instabilité d’autre part).

Mais où se situe le bon juste milieu ? Rien de simple, et donc des débats polémiques, là aussi.

 

Il faut résolument prendre quelques distances par rapport à certaines idées reçues qui ont connu un succès immérité. Exemple : « Dites chaque jour à vos enfants que vous les aimez, et rassurez-les de façon illimitée sur le fait que vous les aimerez quoi qu’ils fassent », etc… Non, l'excès nuit en tout.

 

Ce dernier point est un thème idéologiquement très sensible et polémique. Je pense à l'exemple suivant : si un enfant vraiment trop espiègle, rebelle et malicieux, est trop bien rassuré sur le fait que, quoi qu'il fasse, il continuera d'être "aimé" et facilement pardonné, il n'aura aucune raison de se gêner et de se freiner, vu cette "impunité".

 

Il y a un peu plus d'un siècle, un auteur très célèbre exprima une idée fort semblable : "L'éducation ((peut s'appuyer sur)) les primes d'amour dispensées par les éducateurs ; c'est pourquoi elle échoue quand l'enfant gâté croit qu'il possède cet amour de toute façon, et qu'il ne peut le perdre en aucune circonstance"...   Bref, de quoi apporter une nuance importante et une sérieuse mise en garde par rapport au thème de l'amour inconditionnel et illimité.

Comprenons bien : l'enjeu est ici de se demander jusqu'à quel point il est bon qu'un enfant mal inspiré soit trop bien rassuré par rapport à cette question de l'amour inconditionnel, même si bien sûr on ne met pas en doute le fait qu'un parent aimant continuera très probablement d'aimer cet enfant malgré ses comportements problématiques.

(Le sujet est sensible et même passionnel : face à la citation de cet auteur célèbre (Freud), une mère "douce, aimante et maternelle, comme il en existe tant", jugeait que ce texte était "horrifiant" à ses yeux... Peut-être appartient-elle à la catégorie de ces parents utopistes qui s'imaginent qu'il suffit de donner à un enfant un "bon" amour gentil et bienveillant, pour que par magie tous les problèmes de l'éducation soient facilement résolus... Oui, certes, avec certains enfants cela suffira, mais pas avec tous, loin de là.)

 

Alors, leur manifester de l’amour, oui, mais sans excès. Idem pour l’autorité. Les aider à acquérir une estime d’eux-mêmes et une confiance en eux-mêmes, oui, mais sans excès. Leur assurer un cadre de stabilité, oui, mais sans excès. Les aider à construire un sentiment de sécurité, oui, mais sans excès. Un excès de confiance en soi ou de sentiment de sécurité est un défaut qui peut aussi mener à de très mauvaises choses.

Reste donc à définir le juste milieu, et chacun se forgera ses propres convictions à ce sujet.

 

Donc, stabilité et continuité, oui, mais jusqu’à quel point ? Jusqu’au point de déconseiller SYSTEMATIQUEMENT une garde alternée pour les enfants de moins de deux ans ??

En vertu de tout ce qui précède, on aura compris que cette recommandation est probablement une idée trop simple et une fausse évidence un peu arbitraire. Déjà si l’on songe simplement au fait qu’un enfant n’est pas l’autre, et que l’intérêt bien compris et les besoins de l’un peuvent être très différents de ceux d’un autre.

Certes, assez souvent, dans la pratique des choses, la mère est pour le jeune enfant la référence principale et privilégiée. Est-ce là une bonne chose ? De nouveau, aucune réponse simple : tout dépend des cas, et des caractéristiques respectives de la mère et du père, et de leurs relations respectives avec l’enfant.

Certes, dans le cas le plus normal et le plus classique, la femme paraît bien être plus douée que l’homme pour s’occuper le plus adéquatement d’un tout jeune enfant. Sauf que, à notre époque, des cas classiques, il y en a de moins en moins, et des dérèglements comportementaux il y en a de plus en plus, y compris chez les femmes !!

 

Mais sur base de quoi pourrait-on affirmer qu’il serait SYSTEMATIQUEMENT  PREFERABLE qu’il y ait une seule référence principale (la mère, OU le père), plutôt que deux (la mère  ET  le père) ?

Probablement n’est-ce là rien d’autre qu’une idée reçue, à laquelle trop de personnes se conforment avec trop peu d’esprit critique. En tout cas, à rigoureusement parler, on ne voit pas ce qui devrait rendre obligatoire et systématiquement meilleure une telle conception.

 

D’ailleurs, cette idée perd largement de sa consistance, si on la met en regard avec ce qui est devenu pratique très courante à notre époque, à savoir le fait que, en raison du travail professionnel de la femme autant que de l’homme, souvent le jeune enfant passe de loin la majeure partie de ses journées à l’écart de ses deux parents, soit en crèche ou en milieu d’accueil, soit chez les grands-parents, soit dans une formule combinée où certains enfants passent successivement par trois ou quatre environnements différents chaque semaine !!

Donc, dans des formules où souvent les parents ne sont plus véritablement, ni l’un ni l’autre, une référence principale et privilégiée, en tout cas beaucoup moins qu’auparavant.

 

A notre époque, de telles situations sont jugées comme étant normales et acceptables, et peuvent bien fonctionner sans problème dans pas mal de cas. Or, faut-il le dire, elles ne sont pas précisément le meilleur modèle en matière de stabilité et de continuité !!

Sont-elles mauvaises ou jugées mauvaises pour autant ?

Peut-être certains enfants y perdront quelque chose, tandis que d’autres y gagneront en tirant parti de la richesse et de la complémentarité liée à la diversité des environnements.

Et probablement personne n’est en mesure de dresser des statistiques « scientifiques » et rigoureuses sur de tels sujets complexes, sujets d’autant plus complexes que, comme nous l’avons évoqué plus haut, les possibles conséquences à plus long terme ne sont pas nécessairement la simple prolongation des conséquences à court terme. Rien de simple…

 

Donc, gardons-nous de venir juger et conclure sur de telles questions avec des principes généraux trop simples, gardons à l’esprit que chaque cas est différent et doit s’évaluer individuellement : d’une part, un enfant n’est pas l’autre, ce qui convient très bien à l’un peut ne pas convenir à un autre ; d’autre part, crèche, mère, père, grand-parent, ou combinaison de ces éléments, tout dépend de la qualité de l’intervention respective de ces différents acteurs.

Et cette qualité peut être extrêmement variable d’un cas à l’autre.

 

Notamment, la question sensible de l’amour et de l’autorité,  et d’une différence assez fréquente entre les hommes et les femmes à ce sujet, doit retenir toute notre attention et nous mener à souligner que le rôle du père n’est pas à considérer comme secondaire par rapport au rôle de la mère.

En effet, assez souvent, les femmes sont plus douées que les hommes pour entourer l’enfant d’affection et lui exprimer de l’amour. Tandis que, assez souvent, les hommes sont plus doués que les femmes pour exercer une autorité suffisante et efficace. (Bien sûr, des excès existent aussi et, comme on l’a rappelé plus haut, l’excès nuit en tout, tant en matière d’amour que d’autorité)

Or il faut souligner que, pour une bonne éducation, on peut raisonnablement défendre l’idée que la dimension de l’autorité est au moins aussi importante et structurante que la dimension de l’amour, et que ici aussi, cette question est à croiser avec celle de la grande variabilité entre les enfants, concernant leur intérêt bien compris et leurs besoins. Entre un enfant tout doux, très influençable, affectivement fragile, anxieux, avide d’affection, et un enfant mentalement solide, intrépide, qui a un fort caractère rebelle et un esprit fort indépendant, quel monde de différence !!

Et, à priori, à devoir choisir entre le schéma [beaucoup d’expression d’amour mais trop peu d’autorité] et le schéma inverse [peu d’expression d’amour, mais une autorité suffisante et bien calibrée], je crois volontiers que le second schéma est peut-être préférable à long terme… Et, contrairement à ce que certains pourraient croire, la question de l’autorité est à prendre au sérieux dès la première année de la vie, du moins dans certains cas. Mais, encore une fois, tout cela est à moduler, à adapter au cas de chaque enfant.

 

Donc, se méfier de toute conclusion trop simple et de certains principes présentés un peu trop vite comme étant une vérité générale.

 

Plus particulièrement, on nous présente comme une évidence l’enchaînement suivant : le très jeune enfant a besoin de stabilité et de continuité, donc évitons la garde alternée avant deux ans.

A première vue, cela semble logique, mais en réalité un tel raisonnement s’apparente à un saut plutôt arbitraire et trop cavalier, où on a beaucoup plus affaire à une intuition et à une logique superficielles qu’à une véritable justification rigoureuse.

Pour mieux faire comprendre cette dernière phrase, prenons un autre exemple. Suivant cette même logique superficielle, et en cohérence avec la première idée, quelqu’un pourrait défendre l’idée suivante : pour satisfaire le mieux possible au besoin de sécurité, de stabilité et de continuité du jeune enfant et, à cette fin, pour prévenir les possibles angoisses nocturnes et la possible apparition de l’angoisse de séparation par rapport à la mère, il serait souhaitable que l’enfant, jusque deux ans, dorme dans le même lit que sa mère, voire collé contre elle !!

 

Or, sur ce point-là, j’imagine plutôt un large consensus des spécialistes pour dire non. Non, une telle chose n’est pas souhaitable (sauf peut-être dans certains cas très particuliers), et le plus généralement le jeune enfant doit et peut, sans dommage, apprendre dès le début ou très tôt à dormir dans une chambre séparée, apprendre donc à supporter cette séparation nocturne d’avec ses parents, et ce, pendant cette période pourtant plus sensible et potentiellement plus angoissante qu’est la nuit, avec son silence et son obscurité !!

Voilà donc, autour de cet enjeu de la stabilité et de la sécurisation de l’enfant, des conclusions et des conséquences pratiques bien divergentes. Et cela met en lumière que cet objectif de sécurisation et de stabilité n’est donc sûrement pas le seul critère à prendre en considération, et que, concernant tel ou tel autre enjeu précis (ici, la question de dormir ou non avec la mère), d’autres critères sont retenus comme étant encore plus importants et donc prioritaires.

 

Et la comparaison de ces deux points, qui, comme on le voit, fait apparaître des conclusions opposées, illustre très bien la réflexion critique que j’énonçais plus haut :

« Et quant au besoin de stabilité dans la petite enfance, toute la difficulté est d’en définir les enjeux, les contenus et les contours. Stabilité concernant quels points précis, et jusqu’à quel point, et avec quelles modalités précises, compte tenu que l’excès nuit en tout, et que donc en tout point de l’éducation, il est raisonnable de rechercher un juste milieu entre des objectifs parfois opposés».

 

Or y a-t-il une véritable argumentation d’une logique imparable, qui permettrait de PROUVER que la première idée (non à la garde alternée) s’imposerait nécessairement parce qu’elle serait à coup sûr valable et dûment justifiée, tandis que la seconde idée (dormir avec la mère) serait, elle, à coup sûr, mauvaise et excessive, alors qu’elle peut pourtant prétendre servir le même objectif de stabilité et de sécurisation ??

 

Autrement dit, dans ces deux questions aux enjeux assez analogues, qu’est-ce qui vraiment permettrait d’affirmer de façon péremptoire que ce même raisonnement (à savoir, faire un maximum pour construire la stabilité et le sentiment de sécurité) est valable dans un cas, et pas dans l’autre ?

C’est ici qu’il apparaît que de telles prises de position relèvent plus de l’intuition approximative et de l’idéologie un peu arbitraire, que d’une véritable démonstration rigoureuse et scientifique…

 

Quelques petites remarques complémentaires au sujet du livret intitulé : « Garde alternée : les besoins de l’enfant ». (de Christine Frisch-Desmarez et Maurice Berger)(Mars 2014)

 

 

Soulignons d’abord que ce livret a le mérite d’insister sur cette idée essentielle : l’organisation et le choix de la formule de garde de l’enfant, devrait se faire en priorité en fonction de l’intérêt bien compris et des besoins de l’enfant plutôt qu’en fonction des revendications égocentriques des parents.

Ce livret insiste aussi sur les dommages que les enfants risquent de subir quand ils sont victimes des conflits existant entre les parents séparés.

Les auteurs insistent aussi judicieusement sur la nécessité de mettre au point adéquatement et soigneusement les modalités précises de l’organisation de la garde et des transferts.

 

Mais, au-delà de ces idées générales auxquelles je souscris très volontiers, ce livret n’échappe pas à ces mêmes travers idéologiques sur lesquels j’ai voulu, dans le présent article, porter un regard critique.

 

Jacques Baré, psychologue. Liège

2 Juillet 2014

 

(autres liens : http://www.jacques-bare-psychologue-psychotherapeute-liege.com/

 

http://www.lepsychologue.be/psychologues/psychologue-4000-liege-jacques-bare.php

 

 

 

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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 03:32

 

 

L'efficacité d'un régime ou d'un meilleur contrôle du poids passe aussi par la prise en considération des facteurs psychologiques, de leur impact positif et négatif, et des règles pratiques qui en découlent.

 

 

Avertissement.

Le point de vue exposé ci-dessous conduit à mettre en avant une conception certes quelque peu à contre-courant par rapport à une certaine tendance démagogique typique de notre époque. 

En effet, pour être dans la mode de notre époque, il est plus porteur de proposer des conceptions « cool, sympa, charmeuses » et des méthodes « douces, faciles, agréables », où le plaisir est un peu trop systématiquement préféré à l’effort.

Attention danger : on sait ce qu’une telle philosophie un peu démagogue peut produire, par exemple dans le domaine de l’enseignement.

C’est là une question sensible et une clé importante, en plusieurs domaines : atteindre un bon dosage entre le plaisir et l’effort.

 

 

1°       REGIME ALIMENTAIRE ET DISCIPLINE

 

D’abord cette évidence, et cette injustice, une de plus : nous ne sommes pas égaux face à la nourriture. Nous sommes même très inégaux…

 

Les facteurs déterminants sont multiples et partiellement interdépendants :

métabolisme, facteurs hormonaux, fonctionnement du système nerveux et du système pulsionnel (degré de nervosité, sensations de faim et de satiété, besoin physiologique de manger, envie de manger), mode de vie et activités, habitudes alimentaires, choix diététiques, (dés)équilibre affectif, (dés)équilibre de la volonté, conceptions et croyances, environnement et sources de tentation.

 

Une prise en considération de l’ensemble de ces facteurs est donc évidemment souhaitable.

 

But de cet article :

Inciter à ne pas négliger l’impact, positif ou négatif, des facteurs psychologiques, et par conséquent des règles psychologiques et des règles pratiques qui en découlent.

 

Ainsi, ne pas sous-estimer la nécessité d’instaurer une discipline et de renforcer une capacité de discipline : sans une discipline suffisante, point de salut.

En pratique, il sera donc plus productif de se persuader que, bien conçue et bien appliquée, une discipline suffisante sera souvent sinon toujours une condition nécessaire voire souvent une condition suffisante pour atteindre l’objectif recherché.

Avec la nuance (mais elle est de taille) que nous ne partons pas tous du même point de départ, très loin de là : selon les personnes et les situations (psychologiques et physiologiques), savoir instaurer et maintenir une discipline sera tantôt facile, tantôt difficile, tantôt (quasi) impossible.

 

Chez un certain nombre de personnes, la nourriture est devenue en quelque sorte une drogue : attachement excessif, difficulté de modifier les habitudes, difficulté de supporter la frustration, sensation de manque, affaiblissement spécifique de la volonté face à la substance (nourriture). Dans ce cas, il faudra donc pouvoir opérer une réaction très volontaire pour combattre fermement cette tendance à être excessivement accro au plaisir de la nourriture.

 

Par ailleurs, des manques affectifs, quant à eux, peuvent incliner à compenser en se raccrochant au plaisir facile de la nourriture. D’où l’utilité, le cas échéant, de rééquilibrer sa vie affective et pulsionnelle (équilibre affectif interne, satisfaction des besoins, vie sentimentale, vie sexuelle, vie sociale, bilan global des plaisirs et des déplaisirs, degré d’impulsivité).

 

Citons quelques conditions favorables à l’instauration d’une (capacité de) discipline alimentaire en vue de mieux contrôler et/ou réduire son poids :

n      Un préalable important : en cas de problème médical (diabète, dysthyroïdie, etc.) connaître et respecter les consignes et traitements recommandés par un médecin compétent. (Ce point est évidemment très important : en cas de doute, un bilan hormonal s'impose, car un déséquilibre à ce niveau, peut engendrer des prises de poids anormales.)

n      en cas de déséquilibre affectif, travailler à rééquilibrer sa vie affective

n      s’appliquer à améliorer son hygiène de vie (sommeil, détente, activités physiques), notamment pour éviter tout excès de fatigue et de stress, lesquels favorisent des conduites déséquilibrées

n      écarter les situations et sources de tentation si l’on n’est pas assez capable d’y résister (notamment : le régime, cela commence au moment des achats)

n      remplir suffisamment ses journées d’activités aussi accaparantes que possible et,   encore mieux, aussi bienfaisantes que possible

n      en matière de régimes, éviter les formules extrêmes, les formules vraiment trop austères, trop frustrantes, trop pénibles. Effort et discipline, oui ; souffrance, non

n      apprendre à manger lentement et à mieux déguster (en dose modérée) des aliments qu’on aime

n      le plaisir (alimentaire) comme récompense après le devoir accompli, et non pas l’inverse

n      se peser très régulièrement, idéalement une fois par jour, meilleure façon d’apprendre à se connaître, apprendre à évaluer correctement l’impact des efforts fournis la veille sur le poids du lendemain, et être ainsi mieux incité à corriger le tir sans tarder, en cas de mauvaise évaluation ou en cas de relâchement de l’effort  (sur ce point, ainsi que sur les autres, on pourra trouver des commentaires supplémentaires dans la deuxième partie de cet article)

n      et, bien sûr, faire des choix diététiques raisonnables, en restant vigilant, par exemple en se méfiant quelque peu (ou beaucoup…) de certaines nourritures-pièges ainsi que de l’excès d’alcool, lequel dissipe très vite les bonnes résolutions…

 

 

Avec un brin de malice, certains souligneront non sans raison :

« Comment maigrir ? C’est très simple, il suffit de manger moins ou beaucoup moins !! »

Dans cette formule ironique mais juste, le point sensible réside dans le « il suffit de ».

Quand la volonté est malade, « il suffit de »    devient    « il m’est très difficile de ».

 

Une volonté malade peut résulter de différentes choses : tantôt parce qu’elle est minée en profondeur suite à un état affectif affaibli, tel que typiquement la dépression, tantôt très banalement parce que, à force de se laisser aller à la recherche excessive du plaisir facile, la volonté finit par s’affaiblir, tantôt parce qu’une physiologie déséquilibrée impose un combat inégal où la volonté finit par capituler.

 

Et, là où la volonté est devenue malade ou trop faible, quelles qu’en soient les causes, il ne faudra pas négliger de s’appliquer AUSSI, à côté du traitement de ces autres causes, à « soigner », à revigorer la volonté elle-même, tâche plus ou moins difficile et qui demande souvent des efforts et du temps. Et qui suppose bien sûr aussi une suffisante motivation personnelle, à réveiller ou à renforcer si nécessaire.

 

Ainsi, à tous ceux qui sont devenus trop accros au plaisir de manger ou au besoin de manger, et qui voudraient se raconter des histoires et se mettre la tête dans le sable, il est nécessaire de rappeler que la solution (maigrir) passera incontournablement par l’effort de s’imposer une certaine discipline et donc de combattre un certain laisser-aller.

Et ce, sans oublier, comme on l’a dit, de prendre en considération aussi les autres facteurs qui favorisent la prise de poids.

 

Nécessaire discipline, nécessaire redressement de la volonté. A contre-courant par rapport à la mentalité de notre époque, il est vraiment important de remettre ce point à l’honneur et de souligner l’importance pratique de cette notion, et d’essayer ainsi de créer des déclics dans l’esprit des personnes concernées, de ranimer ou renforcer leur volonté de combattre leur laisser-aller.

En effet, le discours qui au contraire insiste trop sur d’autres facteurs tels que l’hérédité, le métabolisme, etc. risque fort d’avoir comme conséquence pratique néfaste, d’amener les personnes en surpoids à se déresponsabiliser et à se laisser engluer dans le fatalisme et le défaitisme : « c’est à cause de mes gènes, ou de mon métabolisme, ou de diverses malchances subies et qui m’accablent trop et qui justifient une recherche de consolation dans la nourriture ».

 

Notons au passage que pas mal de ces considérations sont transposables à la problématique de l’alcoolisme : là aussi, souligner trop complaisamment ou trop unilatéralement toutes les circonstances atténuantes et explicatives, est un discours risquant fort d’envoyer un mauvais signal de déresponsabilisation, s’il n’est pas complété par un appel au réveil de la conscience responsable et au redressement salutaire d’une volonté devenue défaillante.

 

Mais soulignons encore que  restaurer ou améliorer une capacité de discipline n’est pas une tâche si facile, et que donc la prise en considération des autres facteurs mentionnés (physiologiques, psycho-affectifs, environnementaux) a également toute son importance dans bon nombre de cas.

 

 Jacques Baré, psychologue, Liège, 1er Juillet 2011

 

                                                                      * * *

 

 

2ème partie :       ...SANS POUR AUTANT SACRIFIER LE PLAISIR DE MANGER 

 

 

Deux grands philosophes de la seconde moitié du 20ème siècle avaient vu juste, résumant très bien le problème en une phrase devenue célèbre : «On est foutu, on mange trop». Et l'un d'eux, bien que conscient de cette vérité et n’hésitant pas à la chanter sur tous les toits, n’arrivait pourtant pas à y échapper...

 

 

"On mange trop"... Pas étonnant, vu que la tentation est partout, et multiforme : les rayons des supermarchés, les multiples réunions festives et plus généralement la vie sociale ou professionnelle, fournissant constamment des occasions de boire et/ou de manger… trop !! Et aussi la tendance, précautionneuse ou confortable, à remplir trop abondamment son caddie et ses armoires, pour «avoir des réserves» toujours disponibles.

 

Non seulement la tentation est partout, mais, une fois les armoires bien remplies de toutes sortes de nourritures addictives, le geste est facile : pour créer une diversion agréable et pour compenser les mauvaises sensations de la vie quotidienne (fatigue, stress, soucis, déceptions, frustrations, contrariétés, ennui, solitude, déprime, manque de plaisir,…), face à tout cela, la consolation, le plaisir le plus facilement disponible, c’est de manger (et/ou boire de l’alcool).

 

 

Et dans nos pays d’abondance, tout va donc dans le sens de nous inciter à développer le défaut de gourmandise et d’excès de plaisir alimentaire.

Je n’échappe pas à la règle, moi aussi je suis gourmand et confronté constamment à la tentation, comme beaucoup de personnes.

Mais cela fait une quinzaine d’années que je me suis forgé mon propre système de modération alimentaire, pour dire résolument non au laisser-aller excessif qui guette bon nombre d’entre nous, et aussi tout simplement parce que je suis hautement conscient qu’un surpoids vraiment excessif, cela peut engendrer rien de moins que sept inconvénients majeurs. Sept à la fois, cela fait beaucoup… et cela justifie donc l’importance d’être attentif à cette question.

 

Moi aussi donc, comme tant d’autres, non seulement je suis confronté à la tentation quotidienne, mais aussi j’ai bien dû faire le constat, très frustrant, que, avec l’âge, souvent le métabolisme se modifie, ce qui a pour conséquence que, si on veut éviter de prendre du poids et des formes disgracieuses, il faut se résoudre à manger beaucoup moins que lors des décennies précédentes… Oui, c’est frustrant !

 

 

Certaines constatations chiffrées feront spectaculairement comprendre l’importance d’une modération alimentaire, voire d’un contrôle suffisamment vigilant. Détaillons cela.

 

Il faut être réaliste et s’extirper de certaines illusions et d’une complaisante inconscience : pour éviter de prendre des kilos superflus, pas de miracle possible, je mange donc relativement peu et en respectant un canevas quotidien facilitant à la fois la modération et une juste évaluation.

Mais, étant gourmand, je m’autorise donc, certains jours, un petit dérapage. Petit, cela veut dire ici : bien profiter d’un repas, en reprendre une portion supplémentaire, y compris de dessert, mais, précisons clairement, nullement au point de sortir de table l’estomac lourd.

 

Or, je peux assez fréquemment constater qu’un tel «petit» dérapage peut à lui seul entraîner, le lendemain sur la balance, une hausse de 600 voire 800 grammes, «toutes autres choses étant égales».

En comparaison, cela signifie donc que, pour faire monter la balance de 100 grammes en un jour, il suffirait de commettre simplement un TRES petit excès.

Et c’est là que l’arithmétique devient vite très cruelle : si quelqu’un, juste UN PEU trop gourmand, se laisse donc aller à commettre tous les jours un tel «très petit excès» (entraînant une prise de 100 grammes par jour), en un an il aura donc pris …36 kilos !!!! A méditer…

 

(Certains voudront rétorquer qu’il s’agit là d’un cas purement théorique et fictif, et que dans la pratique les choses ne pourraient pas se passer comme cela. Eh bien SI, oui les choses peuvent réellement se passer ainsi.

Tel le cas d’une jeune femme m’expliquant que, depuis la mise en ménage de leur couple, la simple envie de bien profiter ensemble des plaisirs de la table, l’avait amenée à augmenter son poids de …70 kilos en 4 ans, et lui, sensiblement pareil !!!

Et, comme je leur demandais comment ils avaient traversé et ressenti ce processus, ils me répondirent : «On n’a rien ressenti de spécial, on ne se rendait pas compte» !!!

Et cette réponse étonnante, et même plutôt surréaliste, est pourtant, en quelque sorte, un peu logique, puisqu’une telle augmentation correspond simplement à une augmentation moyenne de 50 grammes par jour, autrement dit, un tout petit excès, quasi imperceptible…)

 

 

Et si une personne commettant régulièrement de tels «très petits excès», évalue mal son fonctionnement alimentaire, et se fait donc trop complaisamment l’illusion d’être sur la bonne voie en matière de modération, et si elle respecte la consigne, souvent lue et entendue, de ne se peser qu’une fois par mois, le résultat risque fort de la décourager trop nettement : à force de tels «très petits excès» et erreurs d’évaluation répétées, elle pourrait donc très facilement prendre 3 kilos en un mois, à raison de 100 g par jour.

Là où peut-être elle ambitionnait d’en perdre un ou deux…

 

Plusieurs kilos d’écart entre l’espoir et la réalité, cela signifiera donc un mois de perdu par rapport à son projet, et un découragement d’autant plus grand, pour cette double raison…

 

Dans un tel cas, il aurait mieux valu que cette personne soit avertie de son erreur d’évaluation beaucoup plus rapidement. Et ainsi, cette consigne, beaucoup trop souvent entendue et affirmée à la légère, de ne se peser qu’une seule fois par mois, apparaît, au moins dans de tels cas, comme lourdement inadéquate.

 

Ne fût-ce que pour apprendre à mieux se connaître et pour mieux éviter les illusions et les découragements qui en résultent, il est donc plus judicieux, du moins pour celui qui veut s’entourer d’un maximum d’atouts pour réaliser son objectif de modération, de se peser plus fréquemment, et pourquoi pas une fois par jour, cela ne prend que quelques secondes...

Et ce, pour apprendre à mieux s’évaluer et à corriger le tir sans tarder, tout comme on le fait, très logiquement, dans les autres apprentissages (lecture, calcul, sport, musique, etc..).

 

 

Du reste, plusieurs autres «principes classiques» souvent affirmés ou préconisés par des diététiciens, appelleraient, eux aussi, des nuances voire des remises en question plus ou moins importantes.

En tout cas, le système personnel que je me suis forgé et que j’applique avec succès depuis très longtemps, s’écarte sensiblement de certains de ces principes classiques souvent entendus et trop vite présentés comme des évidences et des vérités générales…

 

 

En particulier, les implications psychologiques des méthodes et des processus méritent d’être prises en considération d’une façon aussi optimale que possible, pour réussir un contrôle alimentaire plus efficace et plus facile.

 

Ainsi, notamment, mieux se tenir à l’abri des tentations, et par exemple mieux tenir compte du piège que constitue la formule «L’appétit vient en mangeant», mieux respecter l’ordre chronologique souhaitable (d’abord l’effort, puis la récompense ; d’abord la discipline, puis le plaisir ; erst die Arbeit, dann das Spiel), mieux maîtriser les aspects addictifs, mieux terminer la journée en beauté, mieux s’endormir dans de bonnes conditions, mieux équilibrer sa vie affective, mieux régler son hygiène de vie, voilà autant d’objectifs et d’enjeux qu’il est souhaitable d’arriver à combiner pour définir une méthode efficace.

 

 

Et aussi, pour rencontrer l’objectif énoncé dans le titre de cette deuxième partie, mieux profiter du plaisir de manger. Une meilleure qualité de plaisir, mais avec une quantité plus modérée. Surtout : manger plus lentement, et avec une meilleure conscience du plaisir et de la dégustation, appliquée à des bouchées plus petites.

 

 

Redisons-le : une méthode de modération alimentaire doit rester suffisamment confortable et agréable, si l’on veut qu’elle soit supportable à long terme. (Bien supportable à long terme, évidemment important pour éviter l’effet yo-yo).

 

Il est donc important de maintenir assez largement diverses nourritures qui nous font plaisir, tout en restant vigilant et maître de soi face aux nourritures «trop» addictives, à savoir celles pour lesquelles, quand on a commencé d’en manger, il est difficile de s’arrêter…

Quitte à écarter temporairement ces nourritures trop addictives, s’il s’avère que la volonté est actuellement trop faible face à elles.

Ou à tout le moins, marquer clairement des limites, par exemple en préparant des portions limitées, et en mettant en place des barrières physiques et/ou psychologiques pour inciter à mieux respecter ces limites.

 

 

Et ainsi, même en utilisant des quantités plus limitées, ce plaisir de manger pourra rester intense, d’autant plus si on a un peu faim, et sera durable, surtout si on mange lentement.

 

 

Et s’astreindre à appliquer tous ces conseils, en prenant conscience qu’une telle entreprise de modération va de pair avec un renforcement, un (ré)entraînement de la volonté et de la capacité de discipline, cette dernière étant plus généralement une condition nécessaire pour pouvoir construire sa vie et réussir dans toutes sortes de projets.

 

Et donc, ne pas se laisser entraîner trop loin par cette société de consommation et de plaisir facile, par cette société qui facilite trop souvent ou trop largement l’accès à des plaisirs effrénés, relativement illimités, en tout cas surabondants.

«Surabondance de biens, nuit».

Plutôt préférer : «Vive le plaisir (notamment alimentaire), mais… la (relative) rareté en fera le prix et la saveur...».

 

 

Jacques Baré, psychologue à Liège.

(Ajout de la deuxième partie, en Mai 2017)

 

 

 

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 13:47

Synthèse du coeur de cet article :

L'extension de ces phénomènes (alcoolisme, toxicomanie, et excès en tous genres, être excessivement accro aux jeux vidéo, au cybersexe, au jeu en réseau, aux séries télévisées, aux réseaux sociaux, etc.) est en train de gangréner notre société, pour ne pas dire notre civilisation : notre société est en train de produire une génération de "drogués", accros en tous genres. Attention danger. En outre, la consommation de cannabis, d'ecstasy, de cocaïne, et la consommation excessive d'alcool, tout cela est dangereusement banalisé, de plus en plus.

Autrement dit, la société de demain risquera d'être conduite et d'être agie, à la barre et à la manoeuvre, de plus en plus, par trop de personnes en mauvais état, physique et/ou mental, avec tous les dysfonctionnements que cela pourra engendrer. Et tout semble indiquer que les cas se multiplient.

 

 

 

(point de départ : article écrit à l'occasion de la mort de la chanteuse Amy Winehouse) 

 

Amy Winehouse ? Hommage ??   A nuancer ...

Hommage à son talent artistique ? Oui, très volontiers.
Oui, hommage à ses talents, à ses belles chansons, et paix à son âme.

Hommage à certains aspects de sa personnalité et de son humanité souffrante ? Oui, peut-être, mais avec quelques très fortes nuances...

Dans un autre domaine : quand un homme politique très populaire donne un très lamentable exemple, par exemple en matière d'alcool, n'est-on pas en droit de le déplorer d'autant plus vivement que, en tant que personnage public et potentiel modèle pour ses admirateurs, il serait souhaitable qu'il ait le souci de ne pas donner un trop mauvais exemple.

Même principe pour les chanteurs idolâtrés par tant de jeunes.

Sa mort va faire d'elle une idole encore un peu plus, et une référence marquante pour certains esprits influençables.

Y compris en tant que figure emblématique de l'alcoolisme et de la toxicomanie.

Peut-être pas trop grave pour elle : son talent et son succès lui auront valu une vie intense avec sans doute beaucoup de plaisirs ponctuels.

Là est bien le danger : beaucoup de jeunes parmi ceux qui sont déjà alcooliques et/ou toxicomanes, ou qui sont en danger de le devenir (et dieu sait qu'il y en a beaucoup et de plus en plus), vont voir en elle l'exemple mythique les encourageant encore un peu plus à "vivre intensément" leur vie plutôt qu'à préparer trop sagement leur vieillesse !!

Vivre intensément, l'idée n'est pas mauvaise. Il faut savoir aussi s'amuser, évidemment. L'alcool, bien utilisé, est un réel plaisir de la vie, ne le condamnons pas sans nuance.

Mais là, il est à craindre, dans ce cas-ci comme dans d’autres du même type, que cette vedette et sa mort vont accentuer encore les tendances, déjà très florissantes à notre époque, à verser dans l'excès, voire dans la défonce : un certain nombre de jeunes (et même de moins jeunes...) vont encore plus s'identifier à elle ou du moins intégrer encore un peu plus volontiers à leur mentalité ces obscures envies, cette dimension de l'excès, de la défonce, de l'autodestruction, ou en tout cas du plaisir effréné et illimité.

 

Autre exemple mythique, Gainsbourg était un artiste génial et un personnage touchant, un artiste remarquable et pathétique, un modèle en tant qu'artiste...

Et, chez lui comme chez d'autres, en plus de son grand talent, l'alcool a probablement contribué dans une certaine mesure à alimenter ou à moduler sa créativité artistique.
Oui, l'excès d'alcool peut donc aussi, parfois ou souvent, susciter certaines créations artistiques.

Là est le danger, justement : modèle en tant qu'artiste, personnage touchant de surcroît, et de là, modèle tout court, aux yeux de certains. Mais tout le monde n'a pas l'envergure et les talents de Gainsbourg.
Vive Gainsbourg, bravo à son oeuvre !! ..... vive l'excès d''alcool ??

 

Autre exemple. Un parmi les récents présidents des Etats-Unis avait avoué avoir connu, plus jeune, une phase de consommation de cocaïne.
Message dangereux : consommer de la cocaïne n'empêche pas de réussir une belle carrière, voire même de devenir plus tard président des USA...
Faut-il surtout louer sa franchise, et les vertus de la liberté d'expression, ou bien faut-il déplorer le caractère dangereux voire quelque peu irresponsable d'une telle déclaration et du modèle qu'elle véhicule ?
   


TOUT CELA N'EST NI BANAL, NI SECONDAIRE, NI SIMPLEMENT ANECDOTIQUE :

L'extension de ces phénomènes (alcoolisme, toxicomanie, et excès en tous genres, être excessivement accro aux jeux vidéo, au cybersexe, au jeu en réseau, aux séries télévisées, aux réseaux sociaux, etc.) est en train de gangréner notre société, pour ne pas dire notre civilisation : notre société est en train de produire une génération de "drogués", accros en tous genres. Attention danger. En outre, la consommation de cannabis, d'ecstasy, de cocaïne, et la consommation excessive d'alcool, tout cela est dangereusement banalisé, de plus en plus.

Autrement dit, la société de demain risquera d'être conduite et d'être agie, à la barre et à la manoeuvre, de plus en plus, par trop de personnes en mauvais état, physique et/ou mental, avec tous les dysfonctionnements que cela pourra engendrer. Et tout semble indiquer que les cas se multiplient.


 

Certes, pathétique et artistiquement vibrante, l'humanité éventuellement souffrante ou révoltée de certains chanteurs. Et cela peut donner de belles chansons.
D'autant plus pathétique est leur mort.

Mais l'envers du décor, ressenti douloureusement par l'entourage direct, c'est d'être confronté à la déchéance physique ou morale des trop nombreux alcooliques graves et toxicomanes graves, qui n'ont pas l'envergure ni les ressources de Amy Winehouse.
A leur déchéance et à leur déshumanisation : esclaves de leur substance, ils en viennent (pas toujours mais trop souvent) à oublier radicalement le respect élémentaire qu'on doit aux personnes en général (pensons à la criminalité liée à la drogue, pensons aussi aux accidents routiers liés à l’alcoolisme et à la drogue), et à leur entourage direct en particulier (violences et désordres comportementaux divers).

La société ne fait pas assez pour contrer ce fléau rampant, qui jette la désolation dans un grand nombre de familles, lesquelles souffrent en silence.

Qu'on ne se méprenne pas, mon billet d'humeur ne vise pas à condamner cette chanteuse, mais à souligner l'influence dangereuse, et du modèle qu'elle représente, et de la manière complaisante dont certains media vont glorifier son personnage. Et cette chanteuse, qui sert simplement ici de prétexte à cet article, n'est évidemment qu'un exemple parmi beaucoup d'autres.

Donc, paix à son âme. Je voulais juste profiter de l'occasion pour faire mieux réfléchir à un principe et à certains dangers qui menacent notre société.

 

 Jacques Baré, psychologue, Liège. Article écrit sur Viadeo en Juillet 2011.  

 

A lire, sur le même sujet :

https://fr.sott.net/article/28925-L-heroine-electronique-comment-les-ecrans-transforment-les-enfants-en-drogues-psychotiques

 

http://preview.msn.com/fr-be/actualite/national/les-jeunes-fumeurs-de-cannabis-plus-souvent-en-%c3%a9chec-scolaire/ar-BB2UYz3 

 

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 21:37

 


 

 

 

Video de 6 minutes.

Expérimentation bénévole (qui dura 2 ans) pour montrer qu'il est très possible et très profitable d'apprendre la lecture dès l'âge de 3 ans.

Cette vidéo montre un court passage en famille (Aurélie, 2 ans et 7 mois), et des séances en classes de 3ème puis 2ème maternelles.

 

A la moitié du film, un panneau, peu lisible, exprime ceci :

 

Ce film veut illustrer trois idées :

 


1. Les enfants de 2, 3, 4, 5 ans sont capables d'apprendre à lire
2. Si la méthode est stimulante, ils ont TRES envie d'apprendre à lire
3. Même une méthode très classique et très scolaire (donc d'apparence austère), peut bien être, elle aussi, très stimulante pour les enfants : le tout est de présenter les choses de façon motivante.

 

 

Une thèse qui, si elle était enfin pleinement prise au sérieux, ferait faire un progrès important à de nombreux enfants et à notre société, y compris les sommes économisées du fait de la réduction du nombre d’échecs scolaires.  

 

http://www.youtube.com/watch?v=gSgQt56WrPg 

 

Jacques Baré, psychologue, Liège. Film réalisé en 1991.

 

(autres liens : http://www.jacques-bare-psychologue-psychotherapeute-liege.com/

 

 

 

 

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 20:00

Quels cadeaux pour les enfants à Noël et pour la Saint-Nicolas ?

Risque-t-on de trop «gâter» nos enfants ?

Il n’y a évidemment pas de réponse toute simple à ces questions assez compliquées. Sur ce sujet comme sur d’autres qui concernent l’éducation à donner aux enfants, rien de simple…

On pourrait, prudemment, mettre en avant les principes suivants.

L’excès nuit en tout, dans un sens comme dans l’autre. Trop de cadeaux, ou trop peu. Trop de jouets, ou trop peu. Trop d’affection, ou trop peu. Trop de sévérité, ou trop peu. Trop d’autorité, ou trop peu. Trop de contraintes, ou trop peu. Trop de plaisirs, ou trop peu. Trop de renforcements narcissiques, ou trop peu. Trop d’estime de soi et de confiance en soi, ou trop peu.

Essayons donc de viser ce qui serait un juste milieu entre les positions excessives dans un sens ou dans l’autre.

Mais toute la difficulté est d’arriver à situer correctement ce juste milieu ! De quoi alimenter des débats psychologiques et idéologiques à n’en plus finir.

 

Les jeux et les jouets sont un élément assez important pour l’évolution des jeunes enfants. Encore faut-il bien les choisir.

Les cadeaux et les fêtes de fin d’année sont un plaisir et un charme de la vie, et une très belle occasion de convivialité, et c’est sympathique de conserver de tels plaisirs, même s’ils ne sont rien de vraiment indispensable.

 

Réfléchissons à l’exemple suivant.

Faut-il et jusqu’à quel point faut-il célébrer les anniversaires ?

Comparons deux enfants, issus tous deux de milieux «normaux» et recevant tous deux une éducation normale, aimante et positive.

L’un, vivant dans une famille plus austère, ne bénéficie jamais de fêtes à l’occasion de son anniversaire.

L’autre au contraire, bénéficie chaque année de fêtes d’anniversaire où les parents ont à cœur de marquer le coup de façon très substantielle, à grand renfort de cadeaux multiples, d’invitations, de journées exceptionnelles, et de félicitations abondantes, de quoi gonfler de façon peut-être un peu excessive le schéma de l’enfant mis sur un piédestal…

Pour le premier, habitué à ne pas avoir de telles célébrations, il peut très bien vivre heureux et être équilibré sans cela, il n’a pas besoin de cela pour être heureux. Et si un jour, il bénéficie d’une telle fête malgré tout, on peut espérer qu’il appréciera d’autant plus fortement ce plaisir. Comme pour pas mal de choses, la rareté en fera le «prix» (le plaisir, la valeur ressentie).

Le second, trop habitué à «bénéficier» chaque année de tant d’honneur et de célébrations, risque bien de ressentir que cela devient, au fil du temps, un besoin et une exigence obligatoire. Et donc, …affreux drame et crime de lèse-majesté et crise de frustration, si jamais on devait, pour une raison quelconque, déroger une année à cette tradition !!

Et là, nous serions tentés d’appeler cela une réaction d’enfant trop gâté.

D’où ces réactions bien connues d’enfants blasés qui n’apprécient plus que très moyennement ce qu’ils reçoivent, et qui peut-être seront surtout chagrinés de se centrer davantage sur le jouet qu’ils n’ont pas reçu…

Ainsi, habituer les enfants à ce que trop de choses plaisantes leur tombent trop facilement du ciel et surtout trop souvent, ce n’est certainement pas une bonne chose.

Et ce serait mal les préparer à la vie qui les attend plus tard, et qui sera peut-être relativement dure et frustrante, dans une société qui fait de moins en moins de cadeaux…

Dans l’exemple développé ci-dessus, quelle situation est préférable ? Certainement pas la seconde, me semble-t-il…

 

Alors, donc, quels cadeaux et quelle quantité de cadeaux ?

D’abord, mieux vaut la qualité, plutôt que la quantité.

Et un bon dosage est à réaliser entre des jouets simplement amusants et des cadeaux plus intéressants ou plus instructifs, aptes à stimuler diverses capacités, sans oublier la créativité.

Et, me semble-t-il, viser une grande prudence voire méfiance à l’égard des jouets ou matériels addictifs : consoles de jeux, tablettes, gsm,… Et savoir que de nombreux enfants de notre époque deviennent dangereusement accros à l’une ou l’autre de ces technologies modernes, avec des dégâts plus ou moins importants en matière d’instruction et de démotivation scolaire.

Par ailleurs, il me semble souhaitable de maintenir dans une certaine mesure un lien suffisant entre cadeaux et récompenses méritées.

Ainsi, couvrir de cadeaux un enfant qui, tout au long de l’année, se montre très peu soucieux de se plier aux exigences de l’éducation, ce serait lui délivrer un très mauvais signal.

Au contraire, convenir avec l’enfant que tel ou tel cadeau plus important sera obtenu à condition de respecter un certain contrat éducatif (progrès scolaire, attitudes en famille,…) est une stimulation intéressante à mettre en œuvre. Sans pour autant faire preuve d’une sévérité trop rigide.

Et enfin, sachons relativiser cette question des cadeaux et des jouets : cet enjeu de l’éducation n’est qu’un enjeu parmi d’autres, et n’est certainement pas le plus important, loin s’en faut.

 

Jacques Baré, psychologue, Liège.

Septembre 2015

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Published by Jacques Baré, psychologue - quelques articles - dans éducation cadeaux jouets anniversaires enfant gâté saint-nicolas
11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 16:58

Qu'est-ce que l'Amour ? Mais surtout, que peut-il être et que doit-il être ?

Amour égoïste, ou amour altruiste, ce sont des choses très différentes...

Amour passionnel et dévorant, ou amour maintenu sous contrôle, ce sont des choses très différentes...

Amour + exigence et besoin, ou amour + patience, respect, non-exigence, c'est très différent...

Pourquoi l'amour devrait-il toujours nécessairement s'accompagner ou déboucher sur des besoins et des exigences :

besoin de réciprocité (besoin de se sentir aimé par la personne qu'on aime),

besoin de "posséder" jalousement et avec exclusivité,

besoin de passer beaucoup de temps avec l'être aimé,

besoin sexuel plus ou moins exigeant (or, amour et sexualité sont deux choses distinctes, même si elles peuvent souvent interagir voire être très étroitement liées),

besoin de recevoir beaucoup de marques d'amour / affection / admiration / estime / désir / attention / tendresse / gentillesse.

Et ce n'est pas fini : besoin de cohabiter, besoin de dormir ensemble, besoin de sécurité, besoin de ligoter l'amour dans un contrat, besoin de former un couple socialement reconnu et de s'afficher comme tel,...

Or, plus on a des besoins exigeants, plus on risque d'être frustré voire d'en souffrir, quand les besoins ne sont pas comblés comme on le voudrait.

Donc, il est toujours intéressant d'essayer de calmer, de modérer et/ou de mieux maîtriser ses besoins...

Comment y arriver ? Notamment en travaillant à mieux équilibrer sa vie et son psychisme, et à diversifier ses centres d'intérêt et ses sources de satisfaction et de bonheur.

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Bonheur... Qu'est-ce que le bonheur ?

D'abord une jolie phrase, lue je ne sais plus où :

"Le bonheur est comme un puzzle composé de tellement de pièces, que forcément, le plus souvent, il en manque quelques-unes"

Ainsi, le bonheur, envisagé ici comme un état relativement stable et serein (à la différence du plaisir passager dont l'effet positif, souvent, ne dure que peu de temps), le bonheur est donc un sentiment, un produit résultant de la conjonction d'une série d'éléments positifs dans le bilan global d'une personne.

Vu par le bout plus négatif, le bonheur sera assombri voire rendu impossible, si certaines de ses composantes les plus importantes présentent un bilan trop douloureusement négatif, ou encore, si un trop grand nombre de ses composantes présentent un bilan un peu trop médiocre (autrement dit, si trop peu de ses composantes présentent un bilan positif).

Les composantes du bonheur sont, me semble-t-il, les suivantes :

un bon état, un bon équilibre psychique et nerveux (sérénité, stabilité, solidité, positivité, gaieté, optimisme, dynamisme, sommeil et repos, détente, hygiène de vie, projets motivants) (tout ce facteur, que je cite ici en premier lieu, me semble bien être la source la plus directement déterminante du sentiment de bonheur, mais, bien sûr, il est lui-même une résultante influencée notamment par les divers autres facteurs cités ci-dessous, avec des interactions complexes et circulaires) ;

l'épanouissement affectif (amour, sexualité, affection, amitié, harmonie, couple, enfants, famille, amis, vie sociale, loisirs, plaisirs) ;

l'épanouissement dans l'action (profession, autres activités, gestion des corvées) ;

l'état de santé physique, et surtout la façon dont il est ressenti ;

la situation financière, du moins la façon dont elle est ressentie ;

l'environnement (habitation, lieu d'habitation, déplacements, l'entourage humain, physique, et climatique).

Le constat est un peu désolant : si un seul élément, vraiment essentiel, présente un bilan très négatif, le bonheur sera plus ou moins fortement abîmé...

Mais, heureusement, l'être humain a, souvent, une grande capacité d'adaptation, et il peut s'habituer à beaucoup de choses et de situations, et apprendre à ne pas trop en souffrir, quand le destin s'acharne un peu trop sur lui.

Jacques Baré, Août 2016

MA LIBERTE DE PENSER (Florent Pagny). Belle et bonne chanson ??

 

(article écrit en Septembre 2012 sur Viadeo, en réponse à des commentaires élogieux à l'égard de cette chanson)

 

 

Désolé de venir tempérer quelque peu votre enthousiasme...

Le personnage mis en scène dans cette chanson, est-il :

 

Un simple malchanceux qui n'a plus d'autre ressource que de lutter pour sauvegarder la seule chose qui lui reste, à savoir en quelque sorte son honneur, sa fierté, sa dignité d'être libre. Par exemple, ruiné et endetté par pure malchance ou par trop grande naïveté ou gentillesse, il subit ensuite les foudres d'un système administratif implacable, cruel et inhumain. Celui-là nous inspirerait de la sympathie, bien entendu...

 

Ou alors plutôt, comme le mot "shit, planqué sous l'étagère" le donne à penser, un toxicomane qui, dissolu dans les brumes de sa drogue et de son plaisir trop facile, est donc devenu, parcours classique, un champion du laisser-aller et du je-m'en-foutisme généralisé, avec mépris du travail et des factures, et horreur des efforts et des corvées, jusqu'au jour où les réalités viennent le mettre au pied du mur et achever de le désintégrer ou de l'assommer... au point de dire : "Vous pouvez même prendre ma femme et mes enfants" (belle mentalité, espérons que ses enfants n'entendront pas ça !!)

Et celui-là, en quelque sorte revendiquant son droit de vivre autrement et de consommer, chante alors fièrement : "Mais vous n'aurez pas...ma liberté de continuer à me droguer" !!!

 

Or, ce deuxième scénario devenant chose courante à notre époque ( cfr mon article : "Alcool, drogue et société" : ATTENTION  DANGER,  notre civilisation est en train de produire une génération de drogués en tous genres ), il est à craindre qu'une chanson pareille soit, auprès des esprits influençables et des jeunes en révolte, interprétée, ressentie, et utilisée comme un encouragement sympathique à tout laisser aller et à se défoncer encore un peu plus...

 

Jacques Baré, psychologue. Liège, Septembre 2012.

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 16:23

Bonjour. Etant psychologue, je suis souvent amené à souligner que la psychologie est trop souvent parsemée de clichés un peu trop simples et qui appellent des nuances. Ainsi, sur ce thème ("Les yeux sont le miroir de l'âme"), toute la difficulté sera de pouvoir distinguer les cas où cette phrase est largement vraie, et ceux où elle pourrait s'avérer totalement fausse et donc susceptible d'induire en erreur celui qui s'y fierait un peu trop aveuglément...

 

(Sur Viadeo, ma réponse à une interlocutrice qui me disait être un peu contrariée par le fait que mon profil ne comportait pas de photo de moi)

 

Bonjour Marie-France,

Oui, effectivement vous avez une certaine imagination…

(Cagoule ?! Masque ?!  J’espère quand même que je ne vais pas hanter vos futurs cauchemars…  ;-)

Mais en tout cas, j’apprécie votre franchise.

Ceci dit, photo ou pas, c’est là une affaire de goût et de choix personnel, même si j’entends bien votre besoin de mettre un visage sur des mots.

 

Oserais-je me permettre un conseil ?

Ne pensez surtout pas qu’un visage ou une physionomie peuvent toujours donner des indications infaillibles sur la personnalité ou sur la valeur humaine d’une personne, ce n’est, hélas ou heureusement, pas aussi simple, et celui qui le croirait trop naïvement s’exposerait parfois à de sévères désillusions ou alors à commettre des jugements erronés autant que hâtifs…

On dit aussi : « Les yeux, le regard, sont la fenêtre de l’âme »... C’est là une très jolie formule, et j’aimerais qu’elle soit vraie, comme une règle générale, mais hélas ce n’est pas le cas, non ce n’est pas une règle générale et fiable…

 

Tout ce qui brille n’est pas or.

Je suis sûr que vous savez très bien qu’un sourire angélique ne garantit nullement qu’on soit en présence d’une personnalité angélique…

Et est-ce que réellement, comme vous semblez le dire, vous accordez d’office plus volontiers votre confiance à ceux qui  osent vous regarder avec aplomb quand ils vous parlent ? C’est là encore une fausse évidence, une trompeuse apparence dont il faut parfois se méfier : gare aux illusions… La franchise n’est pas toujours là où on croit !!

Et l’habit ne fait pas le moine (…ouh là là, ça c’est d’actualité, mais l’ai pas fait exprès).

 

Ceux qui ne tiennent pas trop à vous fixer dans les yeux en vous parlant, ne sont pas nécessairement des personnes moins honorables ou moins fiables.

Peut-être sont-ils tout simplement réservés et pudiques au niveau des regards, ou un peu timides, ou complexés, ou trop vite déconcentrés par les jeux de regards ou par les regards trop intenses, ou soucieux d’éviter des effets de séduction, soucieux d’éviter de jouer avec le feu,… ou tout simplement soucieux de ne pas mettre mal à l’aise leur interlocuteur, soucieux de respecter leur sensibilité visuelle ou leur éventuelle susceptibilité.

 

Ce dernier thème me fait penser à certains films gros et gras de jadis (sauce américaine) où l’on trouvait intelligent de représenter le psychiatre en train de regarder fixement dans les yeux et de scruter son patient avec un sourire figé, condescendant et trop sûr de lui, qui semblait signifier : continuez, je vous écoute et je cerne très bien vos pensées, je vois clair en vous et je sais déjà ce que vous allez me dire…

Avec l’inconvénient de souligner ainsi très indélicatement un aspect de la situation qui risquera fort d’être ressenti par le patient comme étant sa position d’infériorité face à un psy en position de supériorité…

Rien de tel pour mettre mal à l’aise !!  Parfois, un peu de pudeur et de réserve ne font pas de tort.

 

Chacun son style, chacun ses critères.

?? …Je gagnerais à mettre ma photo ??  (En êtes-vous si sûre… ;-)

Oui mais, je gagnerais quoi exactement ??!

 

Amicalement.

 

Jacques baré, psychologue. Liège

(article écrit sur Viadeo en Août 2011)

 

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 16:00

« Pour ce qui est de la valeur thérapeutique d’un discours porteur d’un jugement de valeur… »

Telle était la critique qui m'était adressée suite à mon article sur Amy Winehouse...

 

Saisissons l’occasion de nuancer fortement une idée reçue très classique mais aussi très inconsistante, qui circule volontiers à propos des psychologues : « Le psychologue ne juge pas, il est là pour comprendre et pour aider ».

Réponse : l’un n’empêche pas l’autre. Tout dépend de la manière utilisée.

Si la fin de la phrase est évidemment sans problème, la première partie pose question.

 

Les psychologues eux aussi, comme tout le monde, ont évidemment dans leur tête un certain système de valeurs, et dès lors des jugements de valeur sur un certain nombre de choses.

Et il est bien normal et souhaitable qu’il en soit ainsi.

Et il est, parfois ou souvent, important de les exprimer face à des patients. Mais certes, avec prudence et pas de n’importe quelle manière.

 

Des exemples de cela, il y en a des tas.

Si dans un couple, la femme, en plus de sa profession, doit assumer toutes les tâches parce que son compagnon trouve normal de se livrer sans modération et en toute insouciance ou inconscience à ses loisirs favoris (football, excès d’alcool, copains, télé,…), le psychologue peut bien d’abord essayer de comprendre pourquoi l’homme trouve normal de perpétuer un tel fonctionnement égoïste, et le cas échéant essayer d’agir sur les éventuelles causes qui motivent ce déséquilibre.

Mais le psychologue commet-il une erreur s’il prend AUSSI l’initiative de signifier « gentiment mais quand même clairement » à cet homme le lourd problème de principe que pose son comportement, et les conséquences regrettables que ce comportement risque d’entraîner pour l’équilibre, l’ambiance, l’épanouissement du couple et donc aussi pour l’homme lui-même, par effet boomerang…

 

Si cet homme se comporte de la sorte en guise de représailles parce qu’il endure une frustration sexuelle qu’il juge inacceptable, il sera bien sûr logique et souhaitable d’essayer aussi ou avant tout d’améliorer par des voies positives l’harmonie sexuelle du couple, du moins dans les cas où c’est possible et sans forcing. Et ce sans oublier de souligner clairement que par son attitude négative, cet homme alimente un mauvais cercle vicieux qui l’éloigne encore plus du but sexuel recherché par lui.

 

Mais si cet homme se comporte de la sorte tout simplement parce que, depuis toujours, il s’est trop facilement complu, sans aucune autocritique, dans un égoïsme aveugle et confortable, là il faudra bien tenter de réveiller la conscience et de créer un déclic en soulignant que, réellement, une telle attitude risque tôt ou tard de provoquer, par effets en cascade, la mort du couple, et si nécessaire en recourant AUSSI, oui, osons le mot tabou et souvent honni par notre époque depuis 50 ans, en recourant donc aussi à un discours moralisateur, mais bien sûr exprimé en termes doux, gentils et diplomatiques, souriants, voire parfois humoristiques...

 

Donc nuançons.

Quand j’écris un article pour dénoncer certains dangers et certaines dérives, je ne suis pas en train de faire une thérapie individuelle. Ce sont deux contextes totalement différents.

Il y a encore d’autres distinctions à faire.

Emettre un jugement sur une caractéristique ou une attitude, est une chose, et ne doit pas être confondu avec le fait de porter un jugement global sur une personne.

 «Juger et condamner » une PERSONNE est une chose (tâche peu sympathique mais parfois bien nécessaire dans les tribunaux...).

Juger, estimer la valeur (psychologique et/ou morale) de tel ou tel ACTE, est autre chose, chose que nous faisons tous et très souvent, même les psychologues évidemment… Chacun avec ses propres critères, plus ou moins bien inspirés.

Que, dans certaines phases, un patient ait surtout besoin, avant tout, de se sentir accueilli avec bienveillance et sans préjugés, de se sentir écouté, compris, soutenu, aidé, c’est bien évident.

Et c’est très important. Et prioritaire à de nombreux moments.

Mais un psychologue qui voudrait s’imposer de ne rien dire ou d’en dire le moins possible parce qu’il serait soucieux de n’émettre aucun jugement sur rien du tout, risquerait fort, du moins dans de nombreux cas (nuance importante), de se condamner à l’inefficacité et à l’inconsistance…

 

 

Jacques Baré, psychologue. Liège

(article écrit sur Viadeo en Août 2011)

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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 11:25

(Voir aussi la note très importante, rajoutée à la fin du texte)

 

Concernant les conditions minimales requises pour accéder au métier et au statut de psychothérapeute, il importe de suivre un parallélisme strict avec la façon dont notre société définit le statut des médecins et des avocats.  

 

Et ce, tout en gardant à l’esprit les nuances suivantes.

 

Certes, le diplôme universitaire de psychologie clinique ne constitue pas une condition suffisante, autrement dit ne constitue pas une garantie que la personne diplômée pourra devenir un bon psychothérapeute.

Mais il en va de même pour tous les diplômes menant à des professions complexes.

 

Certes, devenir un bon psychothérapeute, cela s’apprend AUSSI, en outre, nécessairement, tout au long d’une pratique, celle-ci devant être complétée et élaborée par une réflexion adéquate portant sur cette pratique. Une telle pratique réfléchie est un élément essentiel et irremplaçable.

 

Certes, certaines qualités et capacités requises pour devenir un bon psychothérapeute dépendent, en partie, de caractéristiques qui sont assez peu façonnables par des formations quelconques, et qui sont assez différentes de ce qu’on peut acquérir dans des études principalement théoriques.

Interviennent des qualités diverses, des qualités intellectuelles, des qualités humaines et relationnelles, des caractéristiques de mentalité et de personnalité, et aussi, élément essentiel déjà cité plus haut, des capacités forgées par une pratique et par une réflexion adéquate sur ces pratiques, sans oublier une réflexion adéquate sur soi-même et sur la psychologie en général…

 

Certes, on pourrait imaginer qu’une formation non-universitaire très bien conçue puisse rivaliser valablement et puisse donc constituer une alternative valable par rapport à la formation universitaire en psychologie clinique.

 

Mais alors, tout autant, les mêmes raisonnements pourraient être tenus concernant les métiers de médecin et d’avocat ??!

Et alors, dans ce cas, en pratique, qui aurait le pouvoir et qui pourrait s’arroger le droit de définir et d’appliquer les critères et les modes de vérification pour déterminer quelles formations non-universitaires pourraient être reconnues comme valables et suffisamment aptes à former de bons psychothérapeutes, de bons médecins, de bons avocats ??! 

Une telle situation entraînerait vite un grand risque de confusion, voire la foire d’empoigne ou le règne des privilèges et des complaisances. Avec en prime une dévalorisation majeure de la filière de formation universitaire.  Car cela reviendrait évidemment à décrédibiliser ou à affaiblir la filière de formation universitaire, en permettant à des formations non-universitaires (éventuellement plus courtes et plus faciles) de venir supplanter et évincer des formations universitaires, et cela n’est évidemment pas souhaitable.  

 

Il me semble donc plus rigoureux de retenir plutôt les principes suivants :

 

Concernant les métiers d’avocat et de médecin, notre société, à juste titre, a voulu maintenir une solution très rigoureuse et très prudente : obligation de posséder le titre universitaire requis pour accéder à ces métiers à haute responsabilité.

Il doit en aller de même pour les psychothérapeutes.

Par prudence, et pour créer une situation claire et rigoureuse, il faut considérer que, soit la formation universitaire en psychologie / psychologie clinique, soit la formation universitaire en psychiatrie, constitue la base minimale requise pour pouvoir porter le titre de psychothérapeute.

 

 

En effet  (et ce paragraphe reprend une formulation de notre collègue Jérôme Vermeulen) :

si l’on s’adresse à un médecin, il est essentiel d’avoir l’assurance que celui-ci a suivi complètement le parcours d’une formation exigeante et dont le sérieux est attesté par l’institution universitaire. Un titre universitaire protégé, cela garantit une certaine homogénéité de la formation et de son niveau d’exigence, à considérer non pas comme une condition suffisante, mais au moins comme une condition nécessaire.   

 

Il est très important qu’il en aille de même pour le psychologue-psychothérapeute. Cinq années d’études universitaires sont à tout le moins une garantie qu’une très importante quantité d’efforts et de temps consacré et de connaissances assimilées, a été investie dans une formation (de base) sérieuse et qui plus est, la seule qui soit universellement reconnue du fait de son caractère universitaire, même si effectivement cette formation universitaire n’est qu’une base encore incomplète et ne constitue pas une condition suffisante, ne constitue pas une garantie que le candidat psychothérapeute sera valable au niveau d’une pratique.

     

Un médecin, un avocat, un psychologue clinicien, fraîchement diplômés, ont évidemment encore pas mal de choses à apprendre. Et là, c’est évidemment aussi la responsabilité de chacun de ces diplômés, de s’approprier pleinement et d’approfondir les enseignements dispensés, notamment au fil d’une pratique réfléchie et d’une formation théorique continuée, de leur propre initiative.

 

Et, puisque l’on permet au jeune médecin et au jeune avocat de se lancer dans la pratique alors qu’ils auront encore pas mal de choses à apprendre au fil des expériences accumulées, on ne voit pas pourquoi les choses devraient être différentes dans le cas des psychologues cliniciens.

 

Mais, si l’on veut vraiment mettre en avant l’idée que le diplôme de psychologue clinicien (ou de psychiatre) constitue une formation encore trop incomplète par rapport aux exigences requises pour avoir le statut de psychothérapeute, plus simple et plus logique serait alors la voie (déjà existante sous la forme d’un troisième cycle) qui consisterait à renforcer les exigences inhérentes à ce(s) programme(s) de formation de la filière universitaire, et ce par des ajouts qui viendraient donc compléter le cursus universitaire en psychologie ou en psychiatrie.

Ce qui n’empêcherait nullement que, à côté de cela, puissent continuer d’exister différentes écoles de formation plus spécifiques (cognitivo-comportementaliste, systémique, psychanalytique, etc.), de la même façon qu’en médecine, un médecin, une fois diplômé, a le choix, s’il le souhaite et sans obligation, de suivre des formations complémentaires en ostéopathie, homéopathie, etc., sans que de telles formations viennent prétendre remplacer la formation universitaire en médecine ni la rendre facultative...

 

 

 

 

 

 

 

Jacques Baré, psychologue, Liège

 

Note importante, et commentaire, ajoutés en Novembre 2016 :

Depuis Septembre de cette année 2016, la nouvelle loi voulue par Maggie De Block est entrée en application, loi qui va assez bien dans le même sens que le point de vue que j'avais développé dans le texte présenté ci-dessus.

Mais cette nouvelle loi, encore trop compliquée, comporte aussi trop de flou et gagnerait donc à être épurée, clarifiée et mieux précisée par rapport à une série de points.

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ATTENTION : tout le texte qui va suivre ci-dessous était un commentaire par rapport à la loi qui avait été votée en 2014, et qui est maintenant remplacée par la nouvelle loi de cette année 2016. Les commentaires ci-dessous ne correspondent donc plus à la situation actuelle, mais je les maintiens, car ils permettent de préciser mon point de vue sur toute cette problématique.

Note et commentaire que j'avais ajoutés en Octobre 2014 :

 

Le texte ci-dessus reflète mon point de vue tel que je l'exprimais avant 2014.

Or, le 4 Avril 2014, une loi fut votée, puis publiée au Moniteur Belge le 20 Mai 2014, ((mais qui fut donc, comme je viens de le dire, annulée et remplacée en 2016 par la loi de Maggie De Block)).

 

Point positif : cette loi ((celle de 2014)) avait assurément le mérite d'imposer aux futurs psychothérapeutes une formation sérieuse et consistante, et de venir ainsi combler enfin un vide juridique qui était un véritable problème.

Mais, hélas, cette loi trop compliquée n'allait pas réserver le titre de psychothérapeute aux seuls psychologues et psychiatres.  

On peut le regretter, si l'on se place dans la ligne du point de vue que je défends dans le texte ci-dessus.

 

En clair, cette loi ((celle de 2014)), qui était un compromis obtenu sous l’influence notamment de groupes de pression non-universitaires, allait entraîner les conclusions pratiques suivantes, très critiquables sur un point.

D’une part, pour prétendre au titre de psychothérapeute, les psychologues cliniciens et les psychiatres allaient devoir obligatoirement suivre encore une formation supplémentaire préparant à l’exercice de la psychothérapie. 

Jusque là, rien à redire : une telle exigence supplémentaire est certes un concept raisonnable et défendable, sans aller jusqu’à dire que cette recommandation s’imposait absolument.

Mais d’autre part, cette loi ((celle de 2014)), impliquait aussi que, pour prétendre au titre de psychothérapeute, il ne serait pas obligatoire de détenir un diplôme de psychologue clinicien ou de psychiatre.

Ainsi, ces diplômes (psychologue clinicien ou psychiatre) n'auraient donc plus été, NI une condition nécessaire, NI une condition suffisante pour prétendre au titre de psychothérapeute !!!

Porte ouverte à une certaine dévalorisation de ces diplômes, et ce au profit de certaines formations non-universitaires, et donc aussi, porte ouverte au maintien d’une grande confusion dans l’esprit du grand public.

 

Mon article ci-dessus voulait justement mettre en garde contre de tels inconvénients. Et, au moins, la nouvelle loi (2016) de Maggie De Block, même si elle est très loin d'être parfaite, est une réponse positive par rapport aux préoccupations et aux critiques exprimées ci-dessus.

 

Jacques Baré

 

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